
Compte Rendu du CSAL
- Déménagement de la 6ème BDV Paris Ouest
- Déménagement de la BCR Centre
- Bilan de la mise en place du recrutement local au choix au sein de la DRFiP 75
Monsieur le Président,
Depuis malheureusement plus de quatre ans et l’invasion russe en Ukraine les guerres ravagent de plus en plus de pays, mais surtout d’êtres humains, et ne cessent de s’étendre à travers le monde. Et si Trump parle de réduire à néant une civilisation en Iran, ne nous « trumpons » pas, c’est bien d’une guerre de système, le capitalisme qui veut par tous les moyens s’emparer des richesses, qu’il s’agit. Et que dire des profits engrangés par les marchands de canons. Dans ce cadre, n’oublions jamais cette citation d’Anatole France : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels ».
Nous ne ferons pas plus long sur le contexte international sauf pour rappeler notre solidarité à l’égard de tous les peuples qui sont les proies de ces conflits et en particulier les populations civiles, les enfants et les femmes victimes de trafics humains et de politiques systématisées de viols pour ces dernières.
Mais force est de constater que l’embrasement du golfe persique a des conséquences économiques directes sur notre économie, et surtout notre pouvoir d’achat en raison de l’explosion du prix de l’essence. Et ne doutons pas que ces vautours chercheront ensuite à faire payer au monde du travail les dépenses hallucinantes de ces conflits. Notons que ces différents conflits, les discours va-t-en-guerre et maintenant les promesses de récession et de crise créent dans la population française un climat anxiogène, renforcé chez nos collègues par le blocage du point d’indice qui génère déjà des pertes de pouvoir d’achat.
Rappelons à ce sujet et insistons sur le décrochage salarial des fonctionnaires des Finances publiques. Le gel du point d’indice, des grilles complètement dépassées car non revalorisées depuis des années, provoquent une stagnation des rémunérations, voire une baisse en raison de l’inflation. Concrètement, sur 25 ans, nos rémunérations globales ont été dévalorisées de 25 %! Qui peut accepter une telle dégringolade salariale ? Les agents publics servent d’ajustement structurel pour les difficultés budgétaires qui résultent avant tout de choix de gestion éminemment politiques (et donc discutables).
Et le ministre a confirmé qu’il n’y aura pas de revalorisation générale en 2026 au prétexte justement de la rigueur budgétaire.
Les chiffres sont pourtant clairs, au 1er janvier 2026, le SMIC a été revalorisé de + 1,18 % pour s’établir à 1 823 € brut mensuel. Dans le même temps, le traitement indiciaire minimum de la fonction publique reste figé à l’indice majoré 366 (1 802 € brut).
L’État employeur ne peut même plus garantir à ses propres agents un salaire égal au minimum légal, sauf à déclencher une indemnité différentielle !
La GIPA, que la CGT n’a jamais cautionnée, car nous revendiquons une hausse du point d’indice, avait été conçue précisément pour protéger les agentes et les agents d’un gel prolongé du point d’indice. Elle n’a pas été versée en 2024, ni en 2025. Elle ne le sera pas en 2026, elle constituait pourtant une petite compensation qui est supprimée au moment même où elle serait le plus nécessaire.
Rappelons également que depuis le 1er mars 2025, les trois premiers mois de congé maladie ordinaire ne sont plus indemnisés qu’à 90 % du traitement contre 100 % auparavant. Par une décision du 26 mars 2026 (n°503 771), le Conseil d’État a validé les décrets instaurant le maintien à 90 % de la rémunération des agents publics en arrêt maladie. C’est une baisse drastique des rémunérations des fonctionnaires, avec la double peine d’être malade et d’encaisser des pertes de rémunération !Et n’oublions pas le jour de carence qui demeure.
En plus de cela, en raison d’erreurs imputables à l’administration, un millier de collègues sont amenés à rembourser des indus de rémunérations et subir de facto, une baisse de rémunération qui va se combiner avec un échéancier pour rembourser leur dette. Un véritable coup derrière la nuque qui ne va pas améliorer l’ambiance générale.
Si l’on devait résumer la situation dans la fonction publique d’État comme à la DGFIP : moins de personnels, salaires gelés, charges en hausse. Le résultat est inévitable :
- épuisement professionnel
- perte de sens au travail
- démissions silencieuses
- difficultés de recrutement qui s’aggravent d’année en année
- Suicides et tentatives de suicide qui se multiplient
La CGT FINANCES PUBLIQUES PARIS le dit avec toute la clarté nécessaire : les agentes et les agents de la DGFIP en ont assez des destructions d’emplois, des restructurations incessantes et de la dégradation de leurs conditions de travail !
Elles et ils veulent au contraire pouvoir s’épanouir professionnellement et pouvoir travailler sereinement.
À la DGFiP toujours, force est de constater que l’administration est en échec au regard de l’explosion des risques psycho-sociaux et du taux de suicide élevé (19 suicides et 21 tentatives en 2025).
D’ailleurs, sa responsabilité est actée par un jugement de la Cour Administrative d’Appel de Toulouse du 10 mars 2026 qui met en exergue la situation des personnels de la DGFIP confrontés à la dégradation des conditions de travail et aux destructions massives d’emplois.
Ainsi, la DGFIP est coupable et responsable du mal-être au travail des agents. Et ce n’est pas son plan santé mentale et de prévention du risque suicidaire, ni son nouveau référentiel d’emplois Équivalent Temps Plein qui vont inverser les choses.
Mais la DG persiste et signe. Depuis quelques années, elle affiche une tolérance zéro en matière de déontologie. Cela s’est traduit par une hausse des contrôles des consultations des applications métiers et une automatisation des listes des agent.es contrôlé.es pour que personne ne puisse passer à travers les mailles du filet. Juste pourrait-on dire ? Oui, si ces mesures n’étaient pas accompagnées d’inquiétantes dérives.
Dans une ambiance générale de mépris des agent.es et de suspicion généralisée envers les fonctionnaires, les directives sont au renforcement des enquêtes disciplinaires et des sanctions qui peuvent en découler.
Le message a mis quelque temps à infuser. Mais, aujourd’hui, l’échelon local se rattrape et pousse les feux sur les sanctions.
En effet, depuis 2019, la DG a étendu les sanctions relevant du 1er groupe à une exclusion temporaire de fonction pouvant aller jusqu’à 3 jours. Elle veut de plus laisser une liberté totale sur le choix des sanctions du 1er groupe qui étaient jusque-là supervisées par le bureau déontologie de Bercy : le pouvoir de sanction des directeurs locaux devient discrétionnaire et une même faute peut être sanctionnée de façon différente d’une direction à une autre.
La CGT Finances publiques dénonce une politique de sanctions hors de contrôle sur les faits mineurs relevant du 1er groupe. Elle exige que les agent.es puissent faire valoir leur droit à défense dans des instances paritaires.
La CGT Finances publiques s’interroge sur l’efficacité d’une politique de sanctions qui ne réprime que des infractions mineures (puisque du premier groupe), mais se garde bien par exemple de sanctionner des propos parfois ouvertement discriminatoires – et donc pénalement répréhensibles.
Enfin, la CGT Finances publiques exige que la déontologie s’applique à toutes et tous, quel que soit leur grade et avec transparence. Il ne peut y avoir deux poids et deux mesures selon que vous soyez puissant ou misérable.
Alors Mesdames et Messieurs les directrices et directeurs, cessez d’apporter des réponses fallacieuses au manque d’attractivité de la DGFIP, comme la possibilité de faire des allers/retours public/privé, la mise en place de la rémunération au mérite ou l’individualisation des carrières par exemple. Proposez plutôt de vraies perspectives de carrière, remettez du sens dans l’exercice des missions et apportez une rémunération correspondant aux qualités et à l’engagement des agent.es.
Et cessez de conforter cette inénarrable directrice générale qui au milieu d’une campagne déclarative déplorable pour les collègues comme pour les usager.es (même si vous la qualifierez n’en doutons pas l’année prochaine de « sans incident majeur ») vient demander d’ajouter des lignes supplémentaires pour assurer le débord des centres de contacts. C’est bien sa politique (que vous reprenez sans scrupule à votre charge) de suppressions d’emplois incessantes qui créent ces situations.
Alors, vous demandez sans cesse aux agent.es d’être la variable d’ajustement d’une organisation sous-dimensionnée et de la brutalité de certains chefs de service.
Un service public ne peut reposer sur l’épuisement de ses agent.es. Sinon, dans ce contexte, quel est le sens et l’esprit réel que la DG compte donner à son « plan d’amélioration des conditions de travail et de prévention des risques suicidaires » ?
La CGT FINANCES PUBLIQUES PARIS tient une nouvelle fois à dénoncer ici le management toxique qui est porté comme modèle par notre directrice générale et qui règne à tous les niveaux de notre administration et continuera à se battre par tous les moyens pour que cessent toutes ces souffrances au travail.
Déménagements
Sur les sujets à l’ordre du jour du CSAL, les déménagements de la 6ème BDV Paris Ouest du 15ème Beuret au 16ème Sand et de la BCR Centre d’Uzès à Notre Dame des Victoires, à l’instar des nombreux déménagements passés et à venir à la DRFIP 75, s’inscrivent dans la double contrainte du NRP et de la note Borne réduisant drastiquement les surfaces de travail pour tous les collègues. C’est une logique de coût qui vous guide sans vous soucier des missions et encore moins des agentes et agents.
Déménagement de la 6ème BDV Paris Ouest
Ce déménagement va dégrader les conditions d’exercice des vérificatrices et vérificateurs et, par effet de cascade, celles des collègues du PCRP. En effet, ces derniers perdent plusieurs bureaux et se retrouvent installés à coup de chausse-pied dans des espaces nettement plus restreints. Cela va nuire à leurs conditions de travail notamment s’agissant de la rédaction des pièces de procédures. Cette situation leur est imposée et suscite beaucoup de mécontentement. Mais de cela vous n’en avez cure.
Idem pour les collègues de la BDV qui sont loin d’être satisfaits de ce déménagement. Le site de Sand est beaucoup plus excentré que celui de Beuret, et à ce titre, plusieurs nous ont indiqué que les temps de trajet mentionné à l’annexe 3 sont erronés. Ils ont également fait valoir que les temps de déplacement vers les lieux de vérifications vont être allongés.
Par ailleurs, vous dites que « la brigade ne sera plus sur le même site que le PCE 15, service de programmation avec lequel elle entretient des relations privilégiées. »
La direction s’acharne à isoler les brigades des services de gestion et de programmation alors que la synergie entre ces différents services est fructueuse pour les uns comme pour les autres. La mutualisation avec les autres brigades que vous invoquez pour vous justifier n’est pas du tout de même nature en termes de travail.
Dans ce contexte, la moindre des choses est que vous répondiez favorablement à toutes les requêtes des collègues des deux services pour leur installation matérielle.
Déménagement de la BCR Centre
Ici encore, les collègues du service ne sont pas satisfaits de devoir déménager. Ils seront installés dans un open-space ce qui ne prend pas en compte les spécificités d’une BCR.
En effet, vous prétendez que « la BCR n’a pas vocation à recevoir du public ni d’appels téléphoniques. » Or, certaines procédures, notamment les contrôles de factures, sont réalisées au bureau. De plus, et même si cela reste à la marge, les sociétés et personnes physiques ne disposant de locaux professionnels propres sont convoquées dans les locaux de l’administration. Les aviseurs qui livrent des informations doivent pouvoir être reçus dans le respect de la discrétion et de la confidentialité à des horaires parfois décalés.
Comment envisagez-vous de respecter ces contraintes ?
Sur un plan pratique, l’accès aux sanitaires est directement dans l’open-space ce qui est pour le moins très inconfortable pour toutes et tous. L’installation de claustras supplémentaires semble a minima devoir être étudiée.
Envisagez-vous un aménagement ?
Comme indiqué précédemment, la moindre des choses est qui vous répondiez favorablement à toutes les requêtes des collègues de la BCR pour leur installation.
Bilan de la mise en place du recrutement local au choix au sein de la DRFIP 75 des inspecteurs et inspectrices des finances publiques
Dès la présentation de cette contre-réforme, nous rappelions notre ferme et totale opposition à l’affectation locale au choix et au fil de l’eau des cadres A qui est la déclinaison, dans notre administration, des pratiques du privé.
La CGT maintient sa revendication de l’affection à l’ancienneté seule garantie d’égalité entre les agent.es.
Nos craintes sont confirmées, cette première année d’affectations au choix pose énormément de questions.
Le nombre de postes publiés reste décorrélé du nombre de postes vacants et encore plus opaque pour les collègues désirant muter du fait du nouveau mode de calcul des emplois (ETP).
Vous précisez que 168 cadres A de Paris se sont fait accompagner par la Conseillère Mobilité Carrières, ce qui impliquerait un potentiel de 168 A désirant muter, or seuls 93 cadres A parisiens ont déposé au moins une candidature.
Quand au final vous annoncez une baisse de la participation de 43 % et une baisse de la mobilité effective de 47 %, on ne peut que constater que nous avions bien prévu et dénoncé les dérives de cette contre-réforme.
Se vendre, savoir se vendre et avoir envie de se vendre n’est pas dans l’ADN de nos collègues qui sont rentrés aux finances publiques pour y dérouler une carrière en accomplissant des missions de service public. Tout l’attirail des CV et autres lettres de motivation freinent de fait la mobilité.
Et que dire des fiches de poste qui voudraient recruter le fameux mouton à cinq pattes ( Exemple d’une fiche de poste pour PCRP : connaissance en fiscalité pro part patrimoniale nationale et internationale sans oublier une bonne connaissance des outils informatiques !!!).
La crainte de voir des recruteurs choisir des collègues déjà formés se confirme puisque vous parlez d’« inadéquation entre le profil des postulants et les compétences attendue » pour les postes non pourvus : cette affirmation montre bien que les affectations au choix remettent en cause la formation aux missions sur lesquelles l’agent.e est affecté.e quelles que soient ses compétences antérieurement acquises.
Il y a d’ailleurs une énorme différence de point de vue sur ce mode d’affectation entre recruteurs et recruté-es. Moins de la moitié de ces derniers (quand ils et elles se sont prononcé) exprime un taux de satisfaction envers cette réforme contre 75 % des recruteurs. Les personnels recrutés sont plus sensibles aux injustices induites par ce mode d’affectation quand la majorité des recruteurs demandent plus d’autonomie dans leur choix pour être finalement décisionnaires.
Au vu de ces exigences, un certain nombre de collègues s’autocensure tandis que d’autres déversent dans leurs lettres de motivation des tombereaux de qualités qui leur paraissent attendues.
Par ailleurs, l’attractivité de notre administration est en berne et à l’intérieur de celle-ci certains services n’attirent plus du tout : Aucune candidature pour :
Les SIP ! étonnant au vu des conditions de travail complètement dégradées (blocs dysfonctionnels, conditions d’accueil des usager-es déplorables -on ne vous fera pas l’affront de vous remontrer les photos des files d’attentes-, nouvelles lignes de débordement national dans des services manquant cruellement de personnel…)
Les SIE ! Étonnant au vu des nouvelles missions sans les emplois pour les exercer (facturation électronique….)
les PCE ! Étonnant au vu de leur disparition programmée et avec elle la disparition de la diversité de travail au sein des PCE qui en faisait toute l’attractivité.
Les BDV ! Étonnant au vu d’une tendance qui va en s’aggravant : le métier n’attire plus, solitude du vérificateur dans un monde de plus en plus violent, manque de soutien hiérarchique, métier peu moteur pour dérouler une carrière….
Voilà ce qui explique la baisse si importante de la mobilité à Paris.
On ne peut que dénoncer également la baisse de 62 % de la titularisation des ALD sur leur poste dont certains, bien qu’ayant postulé sur leur poste, n’ont pas été titularisés.
De même, on ne peut que dénoncer les affectations d’office sur des postes qui n’ont pas fait l’objet d’une publication de fiche de poste.
Du point de vue des relations entre les cadres A qui postulent et leurs recruteurs, ce n’est guère mieux puisque plus de 30 % des candidat-es n’ont eu aucun retour malgré l’engagement de la direction sur ce point. C’est d’autant plus grave que certains collègues ont pu postuler sur plusieurs postes et à chaque vague mais n’ont jamais été retenus. Vos documents sont sur ce sujet assez minimalistes.
Les collègues non retenus dénoncent ce manque de considération voire de mépris.
Nous regrettons qu’en 2025, seuls 46 recruteur-es ont suivi la formation. Ce chiffre est inquiétant car personne n’échappe aux biais discriminants conscients ou non, volontaires ou non. Ce mode de recrutement laisse encore tellement de place à l’arbitraire.
Enfin, vous n’évoquez pas le rôle de la division RH sur le déroulé de la procédure : dialogue avec les chef.fes de service ; choix des postes ouverts ou laissés vacants ; rédaction des fiches de poste ; choix final des agent.es retenu.es.
La campagne d’affectations des cadres A à la DRFIP 75 débute. La CGT exige une totale transparence avec notamment la publication de tous les postes vacants.