Déclaration liminaire des élu·e·s CGT Finances Publiques à la Formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail du 24 juin 2026
Face aux guerres, à l’austérité, aux réorganisations permanentes, aux risques psychosociaux, à la canicule et aux reculs de l’action sociale, la CGT Finances Publiques 75 porte la voix des agent·e·s.
Notre boussole est simple : défendre la santé, les droits, la dignité et les conditions de travail des collègues.
Monsieur le Président de la Formation Spécialisée,
Le monde est en état de guerre (Ukraine-Russie, Liban-Israël, États-Unis-Iran, etc.). Les peuples paient de leur vie les rivalités internationales sans rapport avec leurs intérêts. Le gouvernement en France a envoyé un porte-avion proche d’une zone de guerre non pas pour défendre les habitantes et habitants de l’hexagone, mais bien pour des intérêts économiques et politiques auxquels la CGT ne souscrit pas. Partout les dépenses pour l’armement augmentent aux dépens des besoins premiers des populations en France, comme dans la plupart des pays de l’Union européenne.
Dans ce contexte, le pouvoir d’achat des travailleurs et des travailleuses est durement impactés par la hausse des produits pétroliers provoquée par la guerre États-Unis/Iran, hausse qui se répercute dans les autres secteurs d’activité.
Si le SMIC a été augmenté comme le prévoit la loi, ce n’est pas le cas des fonctionnaires dont le pouvoir d’achat continue de baisser. Il est urgent de revaloriser les salaires dans la fonction publique et en l’absence de revalorisation, ces mobilisations sociales sont à construire…
Canicule : protéger les agent·e·s et les usagers
La réunion programmée de notre instance se déroule avec pour la période l’alerte rouge canicule. Nous avons demandé des mesures supplémentaires à l’alerte orange afin de préserver la santé des agent·e·s ainsi que celle des usagers. Nous rappelons ici nos demandes :
- journée de travail banalisée commençant entre 7h à 8 h et se terminant entre 13 h et 14 h comptabilisée comme une journée de travail sans récupération d’heures
- suspension de l’accueil du public pendant les épisodes caniculaires classés en alerte rouge, car c’est une situation à risque tant pour les collègues que pour les usagers
- octroi d’autorisations spéciales d’absence du fait des dangers induits pour la santé d’agents qui se déplacent en transports en commun
- bureaux climatisés pour l’ensemble des agents travaillant durant cette période et de surcroît pour les collègues en situation de santé particulière
Il est dommage d’avoir refusé de présenter les précédents déménagements malgré le vote unanime des représentant·e·s du personnel à la FS du 13 février dernier de demande d’application du plan de prévention d’amélioration des conditions de travail et des conduites suicidaires.
Aussi, l’ordre du jour de l’instance présente d’autres réorganisations importantes et des déménagements de sites, c’est un retour à des pratiques plus respectueuses du droit à l’information et à la consultation des instances représentatives du personnel dans un contexte dramatique d’augmentation des risques psychosociaux, des tentatives de suicides et des suicides.
Réorganisations et déménagements : l’instabilité comme méthode
Ce jour, vous nous présentez des documents sur la création d’un accueil commun SDE parisiens, la fermeture donc de 2 des 3 accueils SDE et le déménagement des agents des 2 SDE ; tout ceci après avoir déplacé l’accueil SDE et du service de St-Hyacinthe vers le site d’Uzès. Que de bouleversements pour les agents déplacés et pour les usagers…
Cette « évolution » des implantations immobilières a conduit à la réinstallation de la BCR Centre situé sur le site d’Uzès et qui va déménager vers le site de Notre-Dame-des-Victoires. Cette involution, plutôt qu’évolution, se fait au détriment du bien-être des agents au travail.
Quant aux agents de brigades, on pourrait comptabiliser le nombre de déménagements qu’ils ont connu ces dernières années. Ils sont une variable d’ajustement de la politique immobilière de l’État .
Déménager les agents sans cesse est facteur producteur d’instabilité favorisant la souffrance au travail. Ainsi aux suppressions d’emplois et aux charges de travail croissantes, les mobilités forcées accentuent le mal-être au travail.
Santé au travail : les alertes doivent être entendues
Concernant le point n°5 de l’ordre du jour, le choix de l'expert devant conduire l'enquête suite à la tentative de suicide d’une agente de la 5e BDV ouest est présenté pour information. L’ensemble des représentant·e·s du personnel ont demandé que ce choix fasse l'objet d'un vote.
Malheureusement, ce type d’événements graves peut se reproduire ou même va se reproduire si les réorganisations continuent de détériorer le quotidien de travail avec moins d’emplois, moins de lieux de travail de proximité, modifications incessantes des collectifs de travail et de leur environnement professionnel. La CGT demande l’arrêt des suppressions d’emploi et aussi l’arrêt des fermetures de site. Elle demande aussi une politique de prévention des risques par un accompagnement bienveillant par la DRFiP et par les encadrants des situations à risque favorisées par ces changements subis.
Télétravail : contre l’arbitraire, pour des droits réels
Concernant le projet de note de la DRFiP de Paris sur le télétravail, la CGT formule plusieurs remarques :
- La CGT demande l'ajout au point 1.4 « Points d'attention » de la mention suivante : « Le télétravail est compatible avec un retour progressif en présentiel suite à un arrêt de plus de 30 jours. »
- La latitude laissée aux chefs de service dans l'application de certaines dispositions fait clairement peser un risque d'arbitraire et d'inégalités de traitement entre les agents.
- Concernant le point 1.3 « Organisation du télétravail en regard de l'organisation du service », nous nous interrogeons sur la référence au caractère essentiel du maintien d'une dynamique d'équipe quand la direction fragmente les collectifs de travail dans les SIP en faisant le choix des blocs fonctionnels. La CGT rappelle que dans ces mêmes SIP, plusieurs agents ne peuvent pas participer simultanément aux réunions ou temps collectifs du fait des contraintes liées aux différents accueils (téléphonique, à la volée, APRDV, etc.).
- La limitation maintenue à trois jours de télétravail en cas de vigilance rouge apparaît désormais obsolète au regard des températures observées ces dernières années.
La CGT revendique par ailleurs la prise en charge par l'administration des équipements nécessaires afin de garantir aux télétravailleurs des conditions de travail au moins équivalentes à celles du présentiel.
Restauration collective : un droit social, pas une variable d’ajustement
La gestion des restaurations collectives à la DRFiP est problématique. Plusieurs restaurants AGRAF ont fermé avec les sites fermant (Cavaignac, Banque, Boucry, Malakoff,…) sans que ces fermetures soient compensées par des créations de restaurants notamment pour les sites NDV, Grandes Carrières. Et aujourd’hui les travaux de la cantine située à Réaumur rendent très difficiles la possibilité de se restaurer dans de bonnes conditions. Aucun document ne nous a été fourni à un sujet qui impacte fortement la vie quotidienne des agent·e·s.
Nous attendons des explications et surtout des solutions pérennes jusqu’à la fin des travaux.
Aussi, la CGT Finances Publiques dénonce la décision de fermer cet été la quasi-totalité des restaurants administratifs de la DRFiP de Paris sans prévoir de solution de restauration adaptée aux besoins des agents. Du 27 juillet au 24 août, les restaurants de Beuret, Gauguin, George Sand, Paradis, Moulin Vert et Meuniers seront fermés. Le restaurant Réaumur demeurera quant à lui fermé pour travaux jusqu'au 31 août. Au total, seuls les restaurants de Saint-Sulpice, Paganini et Uzès resteront ouverts pour accueillir les agents de la DRFiP de Paris.
Cette décision appelle plusieurs questions auxquelles nous attendons des réponses :
- Pourquoi réduire l'offre de restauration à seulement trois restaurants sur l'ensemble du territoire parisien ? Pourquoi aucun dispositif de substitution n'a-t-il été prévu alors que des solutions existent et ont déjà été mises en œuvre par le passé ? Pourquoi ne pas avoir recours à des dispositifs de restauration livrée tels que Refectory ou FoodChéri, particulièrement appréciés des collègues et permettant d'assurer une restauration de proximité ? Nous rappelons que le conventionnement est identique pour l'agent, qu’il déjeune dans un restaurant ASF Restauration, dans un restaurant conventionné ou via une solution de restauration livrée.
- La restauration collective n'est pas un simple service annexe. Elle constitue l'un des piliers de l'action sociale ministérielle. Pour de nombreux collègues, notamment les plus modestes, elle garantit l'accès à un repas complet, équilibré et à un coût maîtrisé. Pour certains agents, elle représente même le principal repas complet de la journée.
La décision prise cette année est d’autant plus incompréhensible qu'elle intervient dans un contexte de fortes perturbations annoncées sur plusieurs lignes structurantes du réseau parisien, notamment les lignes 4, 8, 12 et 13. Les temps de déplacement seront allongés alors même que les trois restaurants maintenus ouverts devront absorber l'ensemble des agents des sites fermés.
Comment un agent de Paradis, de Beuret, de Meuniers ou de Réaumur est-il censé rejoindre quotidiennement Uzès, Saint-Sulpice ou Paganini dans des délais raisonnables ?
Nous souhaitons également connaître la méthode appliquée par l'administration. Combien de rationnaires supplémentaires sont attendus sur chacun des restaurants maintenus ouverts ? Les capacités d'accueil, les temps d’attente et les amplitudes de service ont-ils été évalués ?
Cette décision soulève également la situation des agents en situation de handicap, des collègues bénéficiant d'aménagements de poste ou de ceux dont l'état de santé rend les déplacements difficiles. Quelles mesures spécifiques sont prévues pour garantir leur accès effectif à la restauration collective ?
La direction reconnaît elle-même les difficultés qu'elle crée puisqu'elle prévoit l'octroi d'un crédit horaire exceptionnel de trente minutes. La CGT rappelle que cette compensation des temps de trajet est le résultat de revendications portées de longue date par les représentants du personnel afin de préserver les conditions de pause méridienne des agents. Mais la situation de l'été 2026 n'a rien d'ordinaire. La fermeture simultanée de la quasi-totalité des restaurants administratifs parisiens et les perturbations des transports vont créer des contraintes exceptionnelles. Dans ces conditions, maintenir une compensation limitée à trente minutes est manifestement insuffisant. La CGT Finances Publiques 75 exige qu'à titre exceptionnel ce crédit horaire soit porté à une heure pendant toute la durée des fermetures estivales.
Alors que l'administration affirme régulièrement faire de la qualité de vie au travail une priorité, cette décision produit exactement l'effet inverse : davantage de déplacements, davantage de fatigue, davantage de contraintes et moins de temps pour se restaurer dans de bonnes conditions.
Questions diverses
Enfin, dans le cadre des questions diverses, la CGT continue de porter des revendications concrètes du quotidien. Nous réitérons ainsi notre demande que les Équipements de Protection Individuelle destinés aux agents des services communs puissent être commandés directement auprès du magasin des Gobelins plutôt que via le site de l'UGAP.