Péril en la demeure
AGRAF : hausse des tarifs, baisse des subventions, pouvoir d’achat sacrifié
Pour rappel : le budget 2025 de l’AGRAF a donné lieu, comme chaque année, à un budget prévisionnel pour l’année 2026. Lors de l’AG de décembre 2025, le budget qui nous avait été présenté comme déficitaire était censé justifier une augmentation substantielle du prix du repas.
Or ce budget a donné lieu à de nombreuses questions de notre part, sans que des réponses claires soient apportées. Les représentant·es des organisations syndicales CGT et Solidaires avaient vivement protesté, refusé de voter ce budget et les augmentations de prix, et demandé une nouvelle assemblée en janvier afin d’étudier plus en détail le budget 2025.
L’ASFR a consenti à réunir non pas une AG exceptionnelle, mais un groupe de travail, repoussé à février 2026. En voici le résumé.
Une fréquentation en hausse, une situation moins catastrophique qu’annoncé
L’année 2025 s’est avérée positive pour l’ASFR en termes de fréquentation. Le niveau atteint représente 80 % de celui de 2019, et la prévision pour l’année 2026 est au même niveau.
Le nombre de repas servis en 2025 est de 1 659 917, contre 1 619 419 en 2024, soit 40 498 repas de plus. C’est un niveau tout à fait correct.
La fermeture du restaurant Chevaleret pour travaux débutera en juillet 2026. Le budget dédié, mis en réserve, est de 3 200 000 € pour une durée estimée de dix mois. Cette fermeture fera mécaniquement baisser la fréquentation, même si l’ASFR espère un report partiel sur les restaurants de Bercy.
Le ratio EGALIM est maintenu à 50 %, ce qui constitue un très bon score en restauration collective. Mais avec le désengagement du ministère sur les subventions, ce choix devient de plus en plus coûteux.
L’équilibre budgétaire pour l’année 2026 nous est présenté comme étant en péril.
Budget : la DG promettait des économies, elle organise la pénurie
On nous avait expliqué que le regroupement des associations du ministère dédiées au logement, aux loisirs et à la restauration sous l’égide d’une fédération devait permettre des économies d’échelle et assurer la survie de ces associations.
Nous nous y attendions un peu, mais il était difficile d’imaginer que cette nouvelle configuration conduirait aussi vite à une baisse immédiate des subventions.
Le choc est rude pour l’ASF Restauration : il manque actuellement une partie des subventions, au minimum 1 200 000 €, pourtant inscrites dans le budget prévisionnel 2025, et cela malgré un nombre de repas servis en hausse.
Les subventions versées pour favoriser la mise en place de la loi EGALIM n’ont pas été reconduites dans leur intégralité, et cela se ressent immédiatement. C’est l’utilisation d’une reprise sur fonds dédiés de 500 000 € qui empêche le résultat 2025 d’être à nouveau déficitaire.
Un effort important a été consenti pour comprimer les charges de l’association : presque tous les postes de dépenses ont baissé. Le résultat d’exploitation 2025 est donc à l’équilibre, avec un excédent de + 27 707 €, mais uniquement grâce à cette reprise sur fonds dédiés de 504 000 €.
Nous soulignons donc que le bilan n’est pas aussi catastrophique qu’il nous avait été présenté lors de l’AG.
La restauration collective reste un enjeu crucial dans un contexte où le pouvoir d’achat recule, où les subventions diminuent et où l’État se désengage progressivement de l’action sociale.
Ce sont encore les agent·es qui paieront la facture.
Défendre la restauration collective, c’est défendre le salaire socialisé.
