Ce mercredi 18 février devait se tenir un CSAL à la direction parisienne. Mais, avant l’ouverture de la séance, une délégation d’une trentaine d’agent.es de SIE est venue remettre à la direction la pétition (voir ci-dessous) contre l’instauration et le déploiement de plateformes téléphoniques dédiées à la mise en place de la facturation électronique ; une pétition signée par la quasi-totalité des collègues de ces services.
« Nous agent·es de la DRFIP Paris, soutenu·es par Solidaires Finances Publiques, CGT Finances Publiques Paris et FO-DGFIP de Paris souhaitons vous faire part de notre ferme opposition à la mise en place des plateformes téléphoniques dans les SIE.
À l’occasion de la présentation de ses voeux pour 2026, Amélie Verdier, la Directrice générale a déclaré : « Et voilà, c’est la priorité de la DGFIP, donc on va y mettre les moyens, c’est aussi ça qui est formidable, je crois dans cette administration. Tout le monde derrière cet objectif ».
Nous tenons tout d’abord à vous rappeler que cette réforme est contraire aux valeurs du service public. La généralisation de la facturation électronique participe à l’externalisation progressive des missions régaliennes au profit d’acteurs privés (Pompeusement désignés comme « communauté des relais ») ce qui interroge le rôle et l’indépendance de l’administration fiscale.
Vous avez décidé unilatéralement et sans aucune concertation avec les représentants des personnels et les agents d’accélérer le calendrier des modalités de mise en place de la facturation électronique pour la DRFIP Paris.
Dès le lundi 23 février, les agent.es des SIE (et bientôt ceux des SIP pour les entrepreneurs individuels) seront mobilisés dans des plates-formes téléphoniques 10 H par jour.
Double mensonge. Le vôtre quand vous affirmiez fraîchement nommé à la tête de la DRFIP Paris qu’il n’y aurait pas de missions supplémentaires sans moyens supplémentaires. Puis celui de la Directrice générale lors de ses voeux 2026 affirmant « On va y mettre les moyens ».
Il n’y aura aucun moyen supplémentaire, le budget 2026 venant confirmer la suppression de 550 emplois à la DGFIP dont Paris supportera de nouveau la plus grande part. La nouvelle méthode de réallocation des effectifs ne suffira pas à masquer la réalité de ces nouvelles pertes d’emplois.
C’est concrètement une nouvelle mission pour les agents des SIE et des SIP sans aucun allègement de charges dans des services déjà exsangues.
Dans ce contexte, nous refusons :
➔ La transformation des SIE en centres de contact téléphoniques (Les CCpro ayant théoriquement été créés pour alléger la charge téléphonique dans les SIE);
➔ Notre instrumentalisation dans l’externalisation des missions de service public au profit du privé ;
➔ L’augmentation des charges de travail dans un contexte de suppressions d’emplois ;
➔ Les atteintes aux horaires variables, aux congés et au télétravail ;
➔ De nouvelles suppressions d’emplois ;
C’est pourquoi nous demandons :
L’abandon du dispositif de permanences téléphoniques dans les SIE et, dans l’immédiat, sa non mise en place le lundi 23 février 2026. »
En réponse, la direction locale s’est une nouvelle fois défaussée, expliquant qu’il s’agissait d’une « décision nationale », « Paris ne peut s’exonérer de la mise en place de ces plateformes ».
Mais rien de concret concernant l’abandon du dispositif sinon un vague engagement de faire « remonter les revendications » à la DG. Au lieu de la réponse attendue, nos collègues ont eu droit à un cours magistral expliquant, que « s’il s’agissait bien d’une mission supplémentaire », « les formations dispensées permettront de les accomplir ».
Même la demande d’un simple report du déploiement du dispositif n’a pas été satisfaite malgré la démonstration de son impréparation à la DRFIP (tous les collègues ne seront pas formé·es lundi 23, les locaux censés abriter les cellules téléphoniques n’offrant pas de conditions de travail décentes, le matériel [casques etc.] inexistant ou insuffisant, aucun travail d’enquête préalable pour déterminer en amont si l’état de santé de tous les agent·es était compatible avec l’exercice de cette nouvelle mission téléphonique…).
D’une manière générale : rien sur l’impact du dispositif sur la destructuration à moyen et long terme des SIE, aucun engagement sur la maîtrise des charges de travail et le rattrapage induit des missions courantes qui seront sacrifiées…
Mais, toutes les formations du monde ne compenseront pas les manques d’emplois dans des services très largement prélevés pour la constitution des antennes et des centres de contact et qui subiront encore des dizaines de suppressions de cadres C en 2026. La direction s’était pourtant engagée à « ne pas confier de nouvelles missions aux SIE sans créations d’emplois ».
Et cette mise en place ne s’arrêtera pas aux SIE car les SIP seront aussi concernés pour la gestion des micro-entreprises. Pour autant, aucune information de la direction ni formation dispensée aux collègues des services impôts des particuliers.
La délégation, accompagnée des représentant.es de Solidaires Finances publiques Paris, de la CGT Finances publiques Paris et FO DGFIP 75, a donc quitté la salle fort mécontente de l’absence de réponse.
