Le sens de lutte pour l’émancipation de la journée du 8 mars a disparu face à la commercialisation autour de cette date. Or, celle-ci prend son origine dans toute une période de luttes féministes pour les droits économiques et du travail, et le droit de vote. Ce fut en 1910 à Copenhague lors d’une conférence internationale de femmes, que Clara Zetkin, socialiste et féministe allemande, proposa la création d’un Jour International des Femmes annuel en suivant l’exemple des femmes socialistes étasuniennes qui, dès 1908, organisaient un jour annuel National des Femmes (pour demander l’égalité économique et politique pour dénoncer l’exploitation des travailleuses, demander le droit de vote, etc…).
En 2015, en France, les femmes gagnent toujours un salaire de 27% inférieur à celui des hommes et touchent une pension de retraite de 40% plus faible. Ces inégalités se retrouvent aussi dans nos administrations; le temps partiel « choisi » pour concilier vie familiale et professionnelle a des conséquences immédiates sur le traitement et à terme sur le niveau de pension des retraitées. Les femmes dans nos administrations sont victimes de discriminations en termes d’avancement et de carrière (plafond de verre et maternité…).
Un nouveau protocole ministériel 2015-2017 sur l’égalité professionnelle a été discuté avec les organisations syndicales. La fédération des Finances CGT n’a pas signé ce projet. Celui-ci ne porte que très peu d’ambitions nouvelles. Mais surtout, aucun moyen financier n’est dégagé pour lutter efficacement contre les inégalités professionnelles.
Le Pavé de Paname – n°24