Surprenante cette capacité du gouvernement à diviser les français en période de crises !
La méthode consiste encore une fois à s’appuyer sur les préjugés les plus régressifs en les justifiant par un rapport dont les conclusions seront soigneusement sélectionnées. Oubliées donc toutes les nuances de ce rapport de 190 pages expliquant que les données ne sont ni parfaitement fiables ni exhaustives. Perdu de vue aussi la multiplicité des situations ou les sujétions particulières pouvant différencier 5 millions de fonctionnaires.
Reste une phrase choc qui flatte les bas instincts : « Peu de fonctionnaires effectuent les 1.607 heures réglementaires ». Si les 34 recommandations qui en découlent ne sont pas toutes régressives, on y trouve malgré tout quelques perles : remise en cause des jours de fractionnement, annualisation du temps de travail, restrictions à la prise des RTT, fin de la sur-rémunération des temps partiels, etc…
Vous trouverez par contre peu de médias relayant d’autres vérités moins faciles à entendre : la faiblesse du management, l’absence de réflexion sur l’organisation du travail lors du passage aux 35 h; le fait que 36 % des fonctionnaires travaillent le dimanche pour 25 % des salarié-es du privé, ou encore les heures supplémentaires non déclarées sous une pression hiérarchique que M. Laurent estime supérieure à celle existant dans le privé.
Mais si, vous savez… ces 30 000 heures de travail gratuit (écrêtement) réalisées tous les ans à la DRFIP Paris IDF…
Le Pavé de Paname – n°29