Bercy, 8 septembre. Textes : extraits des interventions résumées ; coupes signalées par […].
Fanny de Coster • CGT Finances publiques
La parole aux agent·es
« Nous sommes réuni·es devant Bercy, en ce 8 septembre, pour demander des comptes à Bercy ! Car donner les moyens pour développer les services publics : c’est faire le choix de la solidarité et du progrès social.
[…] Cet été difficile l’a encore démontré, face à la canicule, aux pires feux de forêts et sécheresses inédites qui ont frappé notre pays, les services publics et leurs agent·es ont permis au pays de tenir debout.
Plutôt que d’allouer chaque année 211 milliards d’euros aux entreprises, plutôt que d’augmenter sans cesse le budget des armées, finançons les services publics et la fonction publique pour répondre aux besoins de la population.
Les services publics sont notre bien commun et le patrimoine de celles et ceux qui n’en ont pas ! »
Maude • Justice
Magistrature, probation et insertion — Quand les moyens manquent, la protection recule
« Il y a quelques mois l’état de délabrement de la justice a été brutalement et violemment mis en lumière suite au meurtre de la jeune Lyanna dont l’auteur présumé était connu des services de police et de justice.
[…] Depuis des décennies, nos organisations alertent sur ces réalités : la justice fonctionne à flux tendu, les postes manquent, les greffes sont épuisés, les délais explosent, les logiciels dysfonctionnent…
Les choix politiques ont, année après année, affaibli un service public essentiel à la démocratie, à la protection des victimes et la cohésion sociale. »
Stéphane • CGT SDIS 91 • Pompier
Protéger sans être protégés
« Ce que nous avons retenu des incendies de cet été ce sont d’abord les nombreuses difficultés rencontrées, notamment le manque d’effectif et les rotations éprouvantes imposées aux équipes, sans parler du manque de matériel par ex : les cagoules faites d’un simple morceau de tissu incapables de filtrer les fumées toxiques. Personne ne s’est préoccupé de notre état de santé. La santé des sapeurs-pompiers, comme celle de la population est mise en danger.
Le gouvernement a trouvé de l’argent pour les grandes entreprises et pour préparer les futures guerres. Mais lorsqu’il s’agit de la sécurité civile, nous n’entendons plus rien. Aujourd’hui, les pompiers sont en colère ; notre capacité à répondre aux urgences auxquelles la population est confrontée est menacée. Ce dont nous avons besoin, ce sont des sapeurs-pompiers dans des véhicules d’intervention.
J’invite la population et l’ensemble des services concernés à participer à la mobilisation du 29 septembre. Plus nous serons nombreux plus nous serons forts. »
Mathilde • CGT CASVP
Centre d’action sociale de la Ville de Paris — Aider les autres, travailler sans appui
« Depuis le Covid, on voit énormément de situations très dégradées et des personnes de plus en plus fragiles, de plus en plus de travailleurs pauvres se présentent dans nos services.
[…] À l’ère du tout numérique nous n’avons pas accès à notre réseau obsolète au moins une fois par semaine.
Nous n’avons plus l’appui des collègues hospitaliers, de l’éducation nationale ou de l’aide sociale à l’enfance, eux-mêmes aussi noyés que nous. […] De plus, depuis mai 2025, « la réforme du parcours de l’usager » met à mal les usagers : ils ont moins accès à leurs droits.
En conséquence chez nos collègues, la perte de sens de notre métier a des conséquences importantes, de plus en plus de départs, d’arrêts maladie, de burn-out et de mi-temps thérapeutiques…
Nous allons mobiliser les agents le 29 septembre contre la destruction des services publics parce que le service public est un droit. »
Financer nos missions,
pas organiser la pénurie
Après les constats, les exigences : justice fiscale, informatique publique sécurisée, salaires et emplois. Les interventions dessinent une autre politique budgétaire et donnent rendez-vous le 29 septembre.
Nadia • Fédération des Finances
L’argent public doit répondre aux besoins
« Depuis 25 ans, ce sont plus de 45 000 emplois qui ont été supprimés au ministère au détriment de la lutte contre la fraude fiscale et des nombreux trafics liés aux réseaux criminels.
Nous réaffirmons qu’il n’y a pas de fatalité à subir l’austérité budgétaire. Pour la CGT la politique budgétaire doit répondre aux besoins sociaux, économiques, industriels et écologiques du pays.
C’est pourquoi nous revendiquons une réforme fiscale d’ampleur intégrant une plus large taxation des revenus du capital et le renforcement de la progressivité de l’impôt sur le revenu.
Nous proposons également une réforme de l’impôt sur les sociétés, la suppression des niches fiscales injustifiées et de la flat tax.
Nous voulons également revenir sur les cadeaux fiscaux octroyés aux plus riches et aux grandes entreprises depuis 2017 et augmenter l’imposition du patrimoine des ultra-riches.
Pour la CGT, une autre trajectoire budgétaire est possible, fondée sur la justice fiscale et l’investissement dans le monde du travail. Pour redonner des moyens à l’ensemble des services publics et aux agents qui les font vivre. »
Roger • Services centraux DGFiP
Sécuriser les systèmes, préserver les compétences
« Cet été, la DGFiP a connu une fuite massive de données. Au-delà de l’incident, la confiance des citoyens, la protection des agents et la crédibilité de la DGFiP ont été directement mises en cause.
Après un tel choc, la sécurisation de nos systèmes devrait être la priorité absolue. Sur le terrain, la réalité est tout autre…
Et pendant ce temps, que fait la Délégation à la transformation numérique de la DGFiP (DTNum) ? Elle fonce sur l’intelligence artificielle et dans le même temps les infrastructures existantes doivent être entretenues, les failles corrigées, les applications sécurisées… Malheureusement, ces dernières passent au second plan.
Cette marche forcée a un coût humain. Les témoignages parlent de délais intenables, d’objectifs mouvants, d’injonctions contradictoires et d’un management toxique. Les agents épuisés, titulaires comme contractuels, quittent progressivement la DTNum. Avec eux partent l’expérience, les compétences et la connaissance de nos systèmes.
[…] Nous exigeons une informatique publique, robuste et sécurisée, qui s’appuie sur les compétences internes. »
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT
Des salaires, des moyens et une mobilisation commune
« Cet été, si le pays a tenu c’est parce que les agent.es publics, les fonctionnaires, les travailleur.ses étaient là. On ne demande pas aux services publics d’être rentables mais d’être là pour répondre à nos besoins.
Depuis 10 ans, le macronisme c’est 15 % de baisse du pouvoir d’achat pour les agents publics.
Alors, notre première exigence dans ce budget 2027, c’est l’augmentation des salaires, pas question que ce soit encore une année blanche pour les fonctionnaires.
Alors, on se donne rendez-vous le 29 septembre qui doit être une immense journée de grève et de manifestations de tous les agents qui effectuent des missions de service public et au-delà. Montrons-leur ce qu’est une journée sans services publics.
Les services publics, c’est pas seulement de la responsabilité des fonctionnaires, c’est notre problème à toutes et tous. Nous appelons l’ensemble des salariés à venir défiler pour gagner des augmentations de salaires et défendre les services publics.
[…] Dernière chose. En décembre prochain, c’est les élections dans la fonction publique. C’est le dernier moment démocratique avant les élections présidentielle et législatives. C’est le moment de faire entendre la voix des fonctionnaires. Il y en a assez d’être stigmatisés, méprisés et traités comme des coûts. Alors, faisons-nous entendre en votant massivement et en votant CGT, le syndicat combatif, revendicatif, seul à même d’imposer le service public dans le débat ! »
