Monsieur le Président,
Une fois n’est pas coutume, vous convoquez un CSAL sur le NRP en y mêlant d’autres sujets à l’ordre du jour. Comme nous avons déjà eu l’occasion de vous l’expliquer à maintes reprises, cela n’est pas pour nous un signal positif de nature à démontrer votre soi-disant volonté, déjà mise à mal depuis quelques mois, d’avoir un dialogue social plus fluide et constructif.
Mais, à l’instar de vos prédecesseur.es, vous semblez vous sentir obligé d’enfoncer toujours plus profondément un couteau dans la plaie encore douloureusement béante d’un NRP qui n’en finit pas de détruire notre service public de proximité : celui auquel nous sommes toutes et tous attaché·es. Ce NRP fait pourtant l’objet d’un rejet massif.
Vous n’êtes sans doute pas sans savoir que 200 agent·es étaient venu.es, en grève le 26 novembre 2024, accompagné.es de nos 3 organisations syndicales, pour expliquer à votre devancière combien ce nouveau plan, prévoyant notamment la fermeture du site de l’Argonne, de Tolbiac et de Malakoff, était une ineptie.
Pourtant, si vous souhaitez installer un marronnier, comme disent les journalistes, faites remonter à votre directrice générale qu’une augmentation annuelle de salaire serait unanimement appréciée par nos collègues épuisés par les constantes surcharges de travail et la constante dégradation de leurs conditions de travail que vous leur faites subir. Vous comprendrez aisément qu’ils et elles auront du mal à s’entendre répondre qu’« il n’y a pas d’argent ». En effet, le 16 octobre dernier s’est tenu un webinaire sur les fameuses « cartes affaire » attribuée aux directrices et directeurs dont vous faites partie. Et il a été confirmé que vous bénéficiez de 6 000 € mensuels (soit plus de 4 fois la paye d’un.e agent.e C débutant.e) pour vos « petites affaires », y compris « les fleurs, cadeaux et sorties culturelles ». Lorsqu’en 2022 la DG avait trouvé une enveloppe pour « l’amélioration des conditions de travail », elle se montait à 100 € par agent.e et l’attribution de chèques cadeaux avaient été refusée. 100 € pour les un.es en une carrière et 72 000 € par an pour les autres. C’est une partie du prix pour acheter les serviteurs zélés non pas de la République mais de la macronie et du rétablissement des privilèges de classe.
Mais cette dépense faramineuse peut aussi être rapprochée du NRP. En effet, il y a quelque temps, la direction expliquait aux collègues de la DRFIP qu’il fallait s’entasser dans le moins d’immeubles possibles, se priver d’eau chaude et de chauffage dans les locaux pour satisfaire les exigences de Mme BORNE et pouvoir ainsi espérer obtenir les 9 millions d’euros nécessaires à la réhabilitation de Paganini. Eh bien Monsieur, il suffirait que 125 d’entre vous renoncent à ces privilèges (et achète ses billets pour le festival de Bayreuth sur ses propres deniers) pour que nous puissions rénover Paganini tous les ans. Nous pourrions aussi parler du refus d’investir dans la rénovation de la cantine de la rue de Londres ou pour une véritable solution de restauration sur place à Notre-Dame des Victoires. Nous pourrions enfin évoquer les travaux d’amélioration qui n’ont jamais été entrepris sur le site de l’Argonne et qui en font aujourd’hui un bâtiment délabré et énergivore ce qui vous fournit l’alibi nécessaire pour en programmer la fermeture, et ceci malgré la mobilisation des collègues avec leurs organisations syndicales que vous avez refusés d’aller rencontrer, malgré le soutien des élus locaux.
Pour en revenir au NRP de cette année, vous confirmez que décidément, quel·le que soit le ou la DRFIP, vous considérez les agent.es comme des pions déplaçables à loisir et nous notons que vous accélérez encore la cadence, en dépit des conséquences pour nos collègues, y compris ceux du BIL. Cette fois encore, nous dénombrons plus de 700 agent·es impactés. Et pour celles et ceux qui depuis l’année dernière s’étaient éventuellement projeté dans l’avenir, vous venez rebattre les cartes. Mais sans doute que pour vous, être envoyé du 19ᵉ dans le 2ᵉ, le 18ᵉ ou le 20ᵉ, cela ne change sans doute pas grand-chose. Et que dire de celles et ceux qui devront encore déménager deux fois en un an quand vous mettrez en place vos nouveaux pôles et : celles et ceux qui devront sans doute faire un choix entre continuer leur mission ou rester à proximité de la gare Saint-Lazare. Mais peut-être reprendrez-vous aussi une parole déjà entendue autour de cette table : « ce sont les agents qui font le choix d’habiter loin ».
Alors, même si cette copie peut paraître moins violente que celle de l’année dernière, vous avez « encore » trouvé de la place à Paganini pour y réinstaller le SIP du 19e. D’abord en indiquant que la création d’un centre de contact national pour les amendes libérerait de la place (alors que vous nous annonciez par téléphone qu’elle se ferait à effectif constant), puis en expliquant que nos collègues occuperaient les espaces laissés vacants à la fermeture de l’accueil des trésoreries côté Maryse Hilsz. Mais une fois de plus, peu importe pour vous les conditions lumineuses ou phoniques, on poussera pour que ça rentre. Et que dire du devenir de l’accueil sur ce site avec l’arrivée des SIP du 12ᵉ et du 19ᵉ. Vous ne pouvez pas méconnaître les difficultés que cette densification va occasionner pour des usager·es d’arrondissements populaires dont le service public sera à nouveau sacrifié et dégradé. Peut-être n’avez-vous pas bien regardé les photos des files d’attente de la campagne IR du printemps qui vous ont été montrées dans cette salle et rappelées la semaine dernière. Ou sans doute considérez-vous que ces petites gens n’ont pas droit à vos yeux à un accueil digne de ce nom ?
Vous l’aurez compris, Monsieur le Président, les délégations de Solidaires Finances publiques Paris, de la CGT Finances publiques Paris et de FO DGFIP 75 refusent de vous servir de caution pour cette nouvelle attaque contre le service public et décident de quitter la séance.
